Le point de vue d’un expert : quantification de la graisse hépatique par échographie
Fortement liée à l’obésité, la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) constitue un problème de santé majeur à l’échelle mondiale, et touche jusqu’à un milliard de personnes. [1] Les méthodes de référence actuelles pour le diagnostic et l’évaluation quantitative de la NAFLD, la biopsie hépatique et l’IRM, sont difficiles à mettre en œuvre en pratique pour diverses raisons. La technique émergente d’imagerie échographique d'atténuation pourrait s’avérer utile pour le dépistage de la NAFLD. La méthode est non invasive et peut être réalisée en moins de trois minutes si elle est mise en œuvre selon une technique appropriée. [2]
Les progrès constants de la technologie échographique permettent aux cliniciens de détecter et d’évaluer les maladies hépatiques à un stade précoce de leur évolution. [3] Des techniques d’échographie telles que l’élastographie [4] se sont avérées utiles pour quantifier la fibrose et la cirrhose, et une technique échographique relativement récente, appelée imagerie d'atténuation, a été développée pour détecter et quantifier la graisse hépatique dans la NAFLD.
Qui est touché par la NAFLD ?
L’imagerie d'atténuation repose sur le principe de l’atténuation du faisceau d’ultrasons, c’est-à-dire la mesure de la quantité d’énergie sonore absorbée lors de sa propagation à travers le parenchyme hépatique. Elle consiste essentiellement à calculer le coefficient d’atténuation (le taux de perte d’amplitude) au fur et à mesure que l’impulsion traverse les tissus. La présence de graisse dans le tissu hépatique augmente l’atténuation et réduit davantage l’amplitude du signal reçu par rapport à un tissu hépatique comparable qui ne présente aucune infiltration graisseuse.
Le Dr Barr réalise des examens d’imagerie d’atténuation chez des patients auxquels leur médecin a prescrit des examens diagnostiques du foie. Les patients sont généralement adressés à Southwoods Imaging afin de déterminer la cause de douleurs de l’hypochondre droit et d’anomalies du bilan hépatique. Le Dr Barr précise qu’autrefois, il ne pouvait fournir qu’une évaluation qualitative de la graisse hépatique. « Maintenant qu’il existe une méthode quantitative de mesure de la graisse hépatique, il nous sera beaucoup plus facile de laisser le médecin traitant déterminer où se situe quantitativement le patient sur le spectre de la NAFLD », dit-il.
Pour certains de ces patients, les médecins traitants demandent également une élastographie afin d’évaluer la rigidité hépatique. L’imagerie d’atténuation et l’élastographie peuvent toutes deux être réalisées au cours du même examen échographique, sans modifier la position du patient et en utilisant la même sonde.
« Nous devons intervenir auprès de ces personnes avant que la NAFLD ne devienne une NASH [hépatite stéatosique non alcoolique], car une fois ce stade atteint, elles pourraient développer une cirrhose, un carcinome hépatocellulaire et/ou une insuffisance hépatique », dit-il.
En combinant l’évaluation quantitative de la graisse hépatique par imagerie d'atténuation et celle de la rigidité hépatique par élastographie, il est possible de mieux évaluer la probabilité d’une NASH.
Le Dr Barr souligne que l’objectif de l’imagerie d’atténuation n’est pas nécessairement de déterminer une valeur seuil permettant de distinguer une stéatose légère d’une stéatose modérée, mais plutôt d’observer les évolutions entre des examens successifs.
Au total, le centre du Dr Barr a utilisé l’imagerie d'atténuation chez plus de 200 patients, dont plus de 100 ont fait partie d’une étude rétrospective [8] sur les pathologies hépatiques chroniques par échographie multiparamétrique, faisant appel à l’imagerie par atténuation et l’imagerie par ondes de cisaillement. L’étude a conclu que l’utilisation généralisée de l’imagerie d'atténuation dans la population générale pourrait s’avérer très utile pour le dépistage des pathologies hépatiques chroniques avancées.
« Dans notre cabinet, près de 50 % des patients pour lesquels nous réalisons une échographie hépatique présentent un certain degré d’infiltration graisseuse du foie », explique le Dr Barr. « En combinant l’évaluation quantitative de la stéatose hépatique par imagerie d’atténuation et l’évaluation de la rigidité hépatique par élastographie, il est possible de mieux évaluer la probabilité de NASH. »